(Actualisé avec estimations, déclarations)
par Lucy Craymer et Alasdair Pal
- Le Parti national au pouvoir en Nouvelle-Zélande est donné au coude-à-coude avec le Parti travailliste après un premier dépouillement des élections législatives qui se sont tenues samedi.
Les premières estimations publiées par la commission électorale montrent qu'avec plus de 95% des votes dépouillés, les deux partis récoltent respectivement un peu moins de 30% des suffrages et sont séparés de quelques milliers de votes seulement.
Selon une projection de la commission électorale, la coalition de droite sortante dominée par le Parti national du Premier ministre conservateur Christopher Luxon bénéficierait d'une majorité avec deux sièges d'avance, à l'occasion d'une campagne électorale dominée par la hausse du coût de la vie et la défiance envers les deux partis traditionnels.
"C'est réconfortant de constater qu'au vu des premiers résultats, (le Parti) National est encore une fois le plus gros parti au Parlement et que nous sommes en bonne voie pour la formation d'un prochain gouvernement", s'est félicité le Premier ministre Christopher Luxon devant des partisans à Auckland.
Le dirigeant néo-zélandais a toutefois estimé qu'il était encore "trop tôt" pour crier victoire.
Le dirigeant travailliste Chris Hipkins a lui aussi appelé à la prudence, depuis Wellington.
"Ce soir, la Nouvelle-Zélande a parlé. Cela pourrait nous prendre un peu plus longtemps pour comprendre exactement ce que vous avez dit", a-t-il déclaré.
DES SEMAINES AVANT UN NOUVEAU GOUVERNEMENT
La formation d'un gouvernement pourrait prendre jusqu'à plusieurs semaines, les votes spéciaux, notamment ceux des électeurs résidant à l'étranger ou des personnes ne résidant pas dans leur circonscription, n'étant pas pris en compte dans le décompte des voix avant la publication des résultats officiels, le 27 novembre.
En 2023, il avait fallu 41 jours au Parti national, à ACT New Zealand et à Nouvelle-Zélande d'abord pour se mettre d'accord. Les trois partis ont déclaré durant la campagne qu'ils étaient disposés à travailler de nouveau ensemble.
A gauche, le Parti travailliste, le Parti vert et Te Pati Maori, parti de centre-gauche qui défend les droits de la communauté maorie, songent aussi à une coalition.
Une formation centriste fondée en 2016, le Parti des opportunités (TOP), pourrait jouer les arbitres pour la première fois de son histoire en dépassant le seuil des 5% de voix nécessaire à l'entrée au Parlement, selon les projections.
La complexité du mode de scrutin néo-zélandais pour l'élection des 120 députés de la Chambre des représentants, un vote à la représentation proportionnelle mixte en vigueur depuis 1996, impose de facto la formation de coalitions gouvernementales qui peut prendre des semaines.
Chaque électeur dispose de deux voix : une pour désigner les représentants des 71 circonscriptions électorales au scrutin uninominal majoritaire à un tour (vote de circonscription), et l'autre pour les 49 restants élus selon un scrutin proportionnel de liste, soumise par chaque parti à l'échelle nationale (vote de parti).
La Nouvelle-Zélande fait face à une économie morose, une croissance atone et à un taux de chômage qui s'est établi à 5,7% lors du troisième trimestre, un record depuis onze ans.
L'accès au logement et l'état des hôpitaux et du système de santé figurent parmi les principales préoccupations des Néo-Zélandais.
(Version française Zhifan Liu)

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